
Un sirop pour le plaisir gustatif
19 février 2026Le sirop, un élixir aussi bien culinaire que médicinal
Le sirop, un élixir aussi bien culinaire que médicinal
Fabriqués depuis l’antiquité, comme les vins et les macérats huileux médicinaux, les sirops, autrefois appelés élixirs, étaient très utilisés dans l’herboristerie traditionnelle. Deux méthodes s’offrent aux apprentis pour constituer leur propre breuvage : cru ou cuit.

Tutoriel : sirop cru aux plantes, citron et orange – 6
Ils contenaient en général des plantes fortes et des alcoolatures, seuls les apothicaires avaient le droit de les utiliser. De nombreuses formules de sirops médicinaux ont été inscrites au codex de la pharmacie dans les années 1800. Certains étaient très réputés comme l’élixir de santé de Joseph Bonjean contre les troubles digestifs, le sirop Delabarre pour calmer les douleurs dentaires du nourrisson, ou encore le Sirop des Vosges de Cazé pour éteindre la toux.
Un plaisir gustatif facile à fabriquer
Le sirop est aujourd’hui d’avantage utilisé pour le plaisir gustatif que pour le soin, du moins sa fabrication médicinale artisanale s’est un peu perdue. Le sirop est néanmoins une préparation facile à réaliser à la maison et deux méthodes peuvent être employées : le sirop cuit ou le sirop cru.
D’une manière générale, les sirops pourront s’utiliser à la fois pour le plaisir gustatif et pour un usage médicinal, tout dépendra des plantes qu’il contient. Le sucre utilisé sera de préférence blanc ou roux.
Le sirop cru ou la macération des plantes
Pour réaliser un sirop cru, la recette est fort simple : il s’agit de réaliser une macération de plantes fraîches dans du sucre pendant plusieurs jours à température ambiante (ne pas exposer trop à la lumière directe). Pour cela, il suffit d’alterner dans un bocal en verre fermé une couche de sucre et une couche de plantes (et/ou fruits pour ajouter au gustatif).
Une fois la macération réalisée, l’eau des plantes aura fait fondre le sucre. Pour obtenir un sirop homogène, il est possible de verser le tout dans une casserole au bain-marie quelques minutes pour dissoudre les derniers cristaux de sucres. Filtrer et conserver ensuite dans une bouteille en verre hermétique au frigo. Il se conserve environ 6 mois. L’usage est le même que pour le sirop cuit.
⇓ Découvrez notre recette de sirop cru ⇓

Le coin des gourmants
Préparation du sirop cru
Le sirop cuit à base de plantes sèches ou de fleurs fraîches
Pour réaliser un sirop cuit, on utilise des plantes sèches. Néanmoins, si vous souhaitez utiliser des fleurs, préférez les fraîches. Le principe est simple : il faut créer, dans un premier temps, une décoction concentrée de plantes (60 g de plantes sèches par litre d’eau) dans une casserole, puis verser de l’eau froide sur les plantes, faire chauffer à couvert jusqu’à frémissement pendant 15 minutes.
Retirer du feu et laisser macérer de 3 à 12 heures selon les plantes (3 heures pour les plantes aromatiques, jusqu’à 12 heures pour les autres plantes). Filtrer ensuite le mélange à l’aide d’un filtre à café.
Pour réaliser le sirop, le volume de liquide obtenu déterminera le poids de sucre (peser le même poids de sucre que de liquide obtenu). A cette étape, mélanger liquide et sucre, faire dissoudre le tout au bain-marie jusqu’à ébullition (à découvert). Laisser mijoter jusqu’à une consistance sirupeuse.
Pour améliorer la conservation, il est possible d’ajouter après cuisson une cuillère à soupe de jus de citron ou d’alcool à 50° C.
Transvaser la préparation dans une bouteille en verre, étiqueter et stocker au frigo. Le sirop se conserve 6 mois au frais.
Pour le plaisir gustatif, on pourra l’utiliser dans de l’eau, sur des gâteaux, dans des desserts, etc.
Pour un usage médicinal, le mieux sera de consommer 1 cuillère à soupe dans un verre d’eau (ou pur), jusqu’à 3 fois par jour.
Le soin avec les sirops
Cette préparation extrait les principes actifs des plantes solubles dans l’eau. Il s’agit ainsi d’un usage s’approchant des infusions. Il peut avoir un intérêt pour faciliter l’absorption des plantes amères, ou chez les enfants n’aimant pas les tisanes. L’inconvénient d’une telle forme est le taux de sucre important, qui serait plutôt à limiter surtout lors de maladies virales (il peut affaiblir notre système immunitaire déjà faible). Il est possible de remplacer le sucre par du miel dans un sirop cru (ne pas faire chauffer le miel qui deviendra alors du glucose pur). Néanmoins, à petite dose et dilué dans de l’eau, certains sirops peuvent être efficace en usage médicinal.
En voici quelques exemples :
- Les baies de sureau noir (Sambucus nigra) contre le début d’une infection virale ou d’une grippe,
- Les pétales de coquelicot (Papaver rhoeas) pour adoucir les gorges irritées,
- Les feuilles de thym ou d’origan comme antiviral,
- Les feuilles de menthe comme digestif,
- Les fleurs de lavande ou les feuilles de mélisse, calmants l’irritabilité,
- Les feuilles de plantain comme adoucissant et expectorant respiratoire,
- La racine de radis noir en sirop cru (couper en fines tranches) pour stimuler la production de bile et son évacuation, …
