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27 août 2025L’agriculture syntropique a le vent en poupe
L’agriculture syntropique, une approche révolutionnaire de l’agriculture, gagne rapidement en popularité parmi les passionnés d’agriculture durable. Voyons les grandes lignes.
Développée par l’agronome et agriculteur suisse Ernst Götsch, cette méthode s’inspire des écosystèmes naturels pour créer des systèmes agricoles hautement productifs et régénératifs.
Les fondamentaux de l’agriculture syntropique
L’agriculture syntropique repose sur plusieurs principes clé :
- La syntropie – le mot n’existe pas encore dans le dictionnaire de l’Académie française – est un concept, opposé à l’entropie, désigne la tendance naturelle des systèmes vivants à s’organiser et à se complexifier. En agriculture syntropique, l’objectif est de favoriser cette dynamique en créant des systèmes qui s’améliorent avec le temps.
- La stratification consiste à organiser les plantations en différentes strates, en fonction de leurs besoins en lumière et de leur taille. Cette organisation spatiale permet d’optimiser l’utilisation de l’espace et de créer un microclimat favorable à la croissance des plantes.
- La succession écologique dont s’inspire l’agriculture syntropique s’appuie sur des changements progressifs dans la composition des espèces au fil du temps. Les plantes sont choisies et plantées de manière à favoriser une succession écologique qui aboutit à un écosystème mature et productif.
- La gestion de la biomasse est facilitée par la taille et l’élagage des plantes qui sont utilisés pour créer une grande quantité de biomasse, laquelle est ensuite utilisée pour nourrir le sol et favoriser la croissance des plantes.
- La diversité des espèces est essentielle en agriculture syntropique. Elle crée un écosystème résilient et productif, capable de résister aux maladies et aux ravageurs.

Sur les terres de Roumassouze, à Vézénobres, on cultive déjà depuis longtemps en agroécologie.
Différences avec la permaculture
Bien que l’agriculture syntropique et la permaculture partagent de nombreux principes, il existe des différences importantes :
- L’accent sur la production. L’agriculture syntropique met un accent particulier sur la production de biomasse et de nourriture. La permaculture, quant à elle, met davantage l’accent sur la création de systèmes durables et résilients, qui peuvent ne pas être aussi productifs.
- La gestion de la succession écologique. L’agriculture syntropique utilise la succession écologique de manière très active, en choisissant et en plantant des espèces qui favorisent une succession rapide vers un écosystème mature. La permaculture, quant à elle, laisse souvent la succession écologique se dérouler plus naturellement.
- La taille et l’élagage. L’agriculture syntropique utilise la taille et l’élagage de manière intensive pour créer de la biomasse et façonner l’écosystème. La permaculture utilise généralement la taille et l’élagage de manière plus douce.
Exemples concrets de réalisation
L’agriculture syntropique peut être appliquée à différentes échelles, des petits jardins familiaux aux grandes exploitations agricoles. Voici quelques exemples concrets :
- Les forêts alimentaires syntropiques : Ces forêts sont conçues pour produire une grande variété de nourriture, tout en régénérant les sols et en créant un écosystème riche et diversifié.
- Les systèmes agroforestiers syntropiques : Ces systèmes combinent la culture d’arbres et de cultures annuelles, permettant de produire de la nourriture et du bois, tout en améliorant la fertilité des sols.
- Les jardins potagers syntropiques : Ces jardins utilisent les principes de l’agriculture syntropique pour produire une grande quantité de légumes et de fruits sur une petite surface.
L’agriculture syntropique offre une vision prometteuse pour l’avenir de l’agriculture. En s’inspirant des écosystèmes naturels, elle permet de créer des systèmes agricoles productifs, résilients et régénératifs.