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Comment tuteurer un arbre fruitier dans les règles de l’art
Les jeunes arbres fruitiers ont souvent besoin d’un tuteur pour pousser droit et favoriser leur enracinement. Voici quelques conseils à suivre pour réussir votre tuteurage.

Jeunes arbres à tuteurage tripode, à Alès.
Ce besoin est particulièrement crucial dans des conditions difficiles : terrains en pente, jardins exposés aux vents forts, sols instables (sableux, limoneux), ou terres très humides. Les arbres dont le système racinaire est réduit par rapport à leurs branches, ou dont le tronc est fin et fragile, nécessitent aussi un soutien pour s’ancrer solidement.
Quand installer le tuteur ?
Le tuteur doit être mis en place avant la plantation de l’arbre, afin d’éviter d’endommager les racines. Un tuteurage précoce permet à l’arbre de pousser droit, malgré les intempéries. Un arbre non tuteuré depuis plusieurs années sera difficile, voire impossible, à redresser.
Le tuteur reste en place 1 à 2 ans maximum, le temps que l’arbre s’enracine correctement. Un tuteur conservé trop longtemps peut blesser l’écorce, endommager les racines ou bloquer la circulation de la sève si les liens deviennent trop serrés.
Les différentes méthodes de tuteurage
Le choix de la technique dépend de l’âge, de la taille de l’arbre, du diamètre de son tronc et des contraintes environnementales.
- Tuteurage simple (monopode) : Suffisant pour un jeune arbre de moins de 3–4 mètres, avec un tronc de moins de 10 cm de diamètre.
- Tuteurage double (bipode) : Deux tuteurs placés de part et d’autre de l’arbre, soutenus par des planchettes horizontales.
- Tuteurage tripode ou quadripode : Trois ou quatre tuteurs disposés en triangle ou en carré autour de l’arbre, avec des planchettes pour renforcer la stabilité.
- Haubanage : Utilisé pour les grands arbres isolés ou exposés aux intempéries. Des piquets ou jambes de force sont ancrés autour de l’arbre et reliés au tronc par des câbles ou cordages tendus.
- Palissage : Méthode pour guider la croissance des branches et façonner la silhouette de l’arbre, avec ou sans armature.
Choisir le bon matériel
Les tuteurs :
- Pieux en bois (châtaignier, robinier) : naturels, robustes et durables.
- Tuteurs en plastique ou acier plastifié : économiques et rigides, mais moins écologiques.
- Tuteurs en bambou : naturels et décoratifs, résistants 3–4 ans.
- Fers à béton : solides mais souvent trop fins pour un bon maintien, attention également à la conduction de chaleur en été.
- Branchages élagués : à éviter, car trop souples et fragiles.
Pour prolonger la durée de vie des tuteurs en bois (hors châtaignier et robinier), on peut enduire la partie souterraine d’huile usagée ou la brûler au chalumeau.
Les liens de fixation
Privilégiez des attaches souples et non blessantes :
- Colliers en plastique ou mousse avec système de crans.
- Attaches en caoutchouc (type Tree Fix) ou chambres à air recyclées.
- Liens métalliques entourés de mousse ou d’élastomère (Biflex, Toltex).
- Liens en osier.
Évitez les ficelles ou liens fins en plastique, qui peuvent blesser l’écorce.
Étapes pour installer un tuteur
- Creusez le trou de plantation et arrosez la terre.
- Installez le tuteur à 15–20 cm du bord du trou, face au vent dominant, pour une meilleure stabilité.
Plantez le tuteur verticalement, à environ 50 cm de profondeur. - Placez l’arbre fruitier dans le trou, en veillant à ce que le collet des racines soit 2 cm sous la surface.
- Attachez temporairement l’arbre au tuteur pour maintenir le collet à la bonne hauteur.
- Rebouchez le trou en deux fois, en arrosant abondamment entre chaque couche pour compacter la terre.
- Formez une cuvette, arrosez généreusement et paillez.
- Détachez le premier lien temporaire.
- Attachez l’arbre 30 cm au-dessus du sol en formant un 8 : le lien entoure d’abord le tronc, puis est croisé autour du tuteur pour éviter les frottements.
- Pour les grands arbres, ajoutez des liens tous les 50 cm.
Entretien après le tuteurage
Vérifiez régulièrement la stabilité du tuteur et l’état des attaches. Ajustez le serrage des liens pour éviter qu’ils ne compriment le tronc au fil de sa croissance.
Erreurs à éviter
- Enfoncer le tuteur dans la motte ou les racines de l’arbre.
- Serrer trop fort les liens, ce qui peut étrangler le tronc et empêcher l’arbre de se balancer naturellement.
- Oublier de retirer le tuteur et les liens après 2 ans maximum, ce qui pourrait nuire au développement racinaire.
Un tuteurage bien réalisé assure la croissance droite et saine d’un arbre fruitier, tout en évitant les risques de casse ou de déséquilibre. En choisissant le bon matériel et en suivant les étapes adaptées, vous offrez à votre arbre les meilleures conditions pour s’épanouir.
