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27 février 20264 modes de dissémination des graines chez les plantes
4 modes de dissémination des graines chez les plantes
La dissémination des graines est un processus fondamental pour la reproduction des plantes, permettant à celles-ci de coloniser de nouveaux territoires et d’assurer leur survie. Explorons quatre stratégies utilisées par les plantes..
Les plantes ont développé divers modes de dissémination adaptés à leur environnement qui ont été classifiés par les botanistes pour y voir plus clair. Bien que cette classification soit utile, elle reste artificielle, et certaines plantes utilisent plusieurs stratégies simultanément.
1. Les plantes qui utilisent l’environnement
La barochorie désigne la dispersion des graines simplement par gravité. Les graines tombent au sol, souvent à proximité immédiate de la plante mère. Ce mode de dispersion est typique des plantes dont les graines ou les fruits sont lourds. Le chêne, le noisetier ou la pervenche laissent tomber leurs graines au sol, où ils peuvent germer.

© Gidlark/unsplash
L’anémochorie permet aux graines de se disperser grâce au vent. Les plantes anémochores produisent généralement des graines légères, souvent équipées de structures telles que des ailes ou des poils qui facilitent leur transport sur de longues distances. Le pissenlit, par exemple produit des akènes (fruits secs) dotés de soies fines, formant un parachute qui les emportes au gré du vent.
L’hydrochorie concerne les graines dispersées par l’eau. Ce mode de dispersion est typique des plantes aquatiques ou des plantes situées près des cours d’eau. Les graines sont souvent capables de flotter et peuvent parcourir de grandes distances. Le meilleur exemple est le cocotier qui produit des noix de coco qui flottent sur l’eau et peuvent atteindre de nouvelles plages ou îles pour germer. Plus près de nous, l’aulne, la renoncule aquatique et la salicaire ont des graines utilisant l’eau pour se disperser.
2. Les plantes qui utilisent les animaux
La zoochorie implique la dispersion des graines par les animaux. Les graines peuvent être transportées en se fixant à la fourrure (épizoochorie) ou en étant ingérées puis excrétées (endozoochorie). La bardane, qui a inspiré au Vaudois Georges de Mestral, l’invention du velcro, s’accroche aux poils des animaux qui peuvent la transporter sur de grandes distances. Le houx, lui, produit des fruits mangés par les oiseaux, qui dispersent les graines via leurs excréments.
La myrmécochorie est un type spécifique de zoochorie où les graines sont dispersées par les fourmis. Ces graines possèdent un élaiosome : une structure riche en lipides qui attire les fourmis. Celles-ci transportent les graines jusqu’à leur nid, où elles consomment l’élaiosome, laissant la graine intacte, souvent dans un environnement favorable à la germination. La violette produit des graines avec un élaiosome, attirant les fourmis qui les emportent et les dispersent.
3. Les plantes qui utilisent l’homme
L’anthropochorie est la dispersion des graines par l’action humaine, que ce soit de manière intentionnelle (culture, jardinage) ou accidentelle (transport de graines sur les vêtements ou les véhicules). Les activités humaines ont considérablement augmenté la dispersion des plantes à travers le monde. Le blé, originaire du Moyen-Orient, a été dispersé à travers le monde par l’agriculture humaine, les plantes du nouveau monde sont maintenant traditionnellement cultivées en Europe comme les tomates, les courges ou les haricots.
4. Les plantes qui se débrouillent toutes seules
L’autochorie se réfère à la dispersion des graines par la plante elle-même. Les plantes autochores utilisent divers mécanismes, comme l’explosion des fruits, pour propulser les graines à distance. La balsamine de l’Himalaya projette ses graines à plusieurs mètres grâce à la déhiscence explosive de ses fruits. La ruine de Rome qui pousse dans les murs, plante elle-même ses fruits dans des anfractuosités pour que ses graines soient dans un environnement propice à la croissance de la future plante. De même, les fruits de l’arachide s’enfouissent dans le sol meuble : les cacahuettes se récoltent sous la terre !
Une classification artificielle mais pratique
Bien que cette classification des modes de dissémination soit utile pour comprendre les stratégies de dispersion des plantes, elle reste artificielle. De nombreuses plantes utilisent plusieurs stratégies de dissémination, en fonction des conditions environnementales et des interactions écologiques.
Par exemple, le chêne et le noisetier utilisent à la fois la barochorie et la zoochorie (les écureuils oublient les graines qu’ils ont cachées), maximisant ainsi leurs chances de succès. La violette utilise l’autochorie en éjectant ses graines autour d’elle mais également la myrmécochorie en offrant une petite gourmandise aux fourmis. De même, l’aulne a des graines ailées et munies de petits flotteurs lui permettant d’utiliser l’anémochorie et l’hydrochorie.
Et s’il y a une plante qui prouve que la nature refuse d’entrer dans des cases, c’est bien le souci, car sur une même fleur, il produit trois types de graines : les graines extérieures sont ailées et conçues pour être emportées par le vent loin de la plante mère, les graines intermédiaires sont couvertes de crochets pour s’agripper à la fourrure d’un animal et les graines intérieures sont plus simples, sans accessoire, elles sont faites pour tomber au pied de la plante mère et assurer la relève.
Cette stratégie permet au souci de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier : une partie de la descendance reste « à la maison », tandis que l’autre part explorer le monde !
Ainsi, bien que ces catégories soient pratiques pour l’étude, elles ne capturent pas la complexité et l’adaptabilité des stratégies de dissémination des plantes, qui exploitent diverses opportunités pour assurer leur reproduction et leur survie.

